Pierre & Mohamed
  • Synopsis

    Il y a seize ans, le 1er Août 1996, Mgr Pierre Claverie, dominicain et évêque d’Oran, était assassiné avec Mohamed Bouchikhi, un jeune algérien qui le conduisait à son évêché. La pièce rend hommage au message d’amitié, de respect et de volonté de dialogue interreligieux de Pierre Claverie ainsi que de la fidélité et de l’amitié profonde de Mohamed Bouchikhi.

    « Le dialogue est une oeuvre sans cesse à reprendre : lui seul nous permet de désarmer le fanatisme, en nous et chez l’autre »

    Un message qui n’a rien perdu de son actualité, alors que différents intégrismes religieux se font de plus en plus violents dans le monde.

  • Historique

    Cette pièce s’est construite au fur et à mesure de rencontres.

    La première se fait lors du Festival d’Avignon 2010. Deux frères dominicains, Thierry Hubert et Nicolas Burle, historiquement présents au festival depuis une dizaine d’année, discutent avec un jeune acteur qui leur soumet l’idée de créer une pièce en hommage à une grande figure dominicaine. Le choix se porte rapidement sur Monseigneur Pierre Claverie. Le Frère Thierry fait alors appel au comédien Nazim Boudjenah, pensionnaire à la Comédie française pour participer à ce projet.

    Le texte, basé sur les homélies et éditos de Pierre Claverie et le carnet de route de Mohamed Bouchikhi, a été écrit par le frère dominicain Adrien Candiard, actuellement au Caire.

    La deuxième rencontre se fait toujours lors de ce festival d’Avignon 2010 à l’occasion duquel Francesco Agnello organise un concert de Hang, portes ouvertes, à la Chapelle de l’Oratoire. Lors de ce concert, un accordéoniste se met à jouer dans la rue. Interrompant le concert, il y invite le joueur d’accordéon pour jouer ensemble devant le public étonné. Les frères dominicains apprenant que Francesco Agnello est aussi metteur en scène, ils lui proposent de se plonger dans l’aventure.

    Un an après, la pièce est créée et jouée durant 7 jours au festival d’Avignon 2011 avec succès. Au même moment, Jean-Baptiste Germain, qui vient d’effectuer sa reconversion professionnelle, se rend au festival pour y accompagner les frères dominicains et  tracter dans la rue à l’occasion pour « Pierre et Mohamed ».

    Deux mois plus tard, après quelques représentations en province, la pièce est enregistrée à Paris. Nazim Boudjenah ne pouvant assurer l’ensemble des dates de représentation, Francesco Agnello accorde sa confiance à Jean-Baptiste Germain pour prendre la relève et continuer ainsi l’aventure de cette pièce.

    Avec plus de 130 représentations en 2012, « Pierre et Mohamed » continue son chemin en 2013 à Paris pendant 6 mois, en province pour 70 représentations et à l’étranger (Italie et Suisse notamment). L’aventure continue…

  • Monseigneur Pierre Claverie

     
    « Ce serait trop triste que Pierre, qui aime tant l’amitié, n’ait pas un ami à ses côtés pour l’accompagner, à l’heure de la mort. » Mohamed Bouchikhi
    Pierre Claverie est né le 8 mai 1938 dans le quartier populaire de Bab El-Oued à Alger, dans une famille pied-noir présente dans ce pays depuis quatre générations. 

    Après son baccalauréat, il gagne Grenoble puis rejoint l’ordre dominicain : il entre au noviciat au couvent de Lille en 1958 et fait ses études au Saulchoir (région parisienne). Il est ordonné prêtre en 1965. Passionné, il apprend l’arabe et devient un excellent connaisseur de l’Islam. Il dirige à Alger, à partir de 1973, le Centre des Glycines, un institut d’études arabes et islamiques initialement conçu pour les religieux voulant vivre en Algérie, mais qui attire de nombreux Algériens musulmans désireux de mieux connaître leur culture et surtout apprendre l’arabe.

    Homme de dialogue, il participe à de nombreuses rencontres entre chrétiens et musulmans, non sans critiques parfois sur un dialogue interreligieux qui lui paraît trop souvent se payer de mot. Il est nommé évêque d’Oran le 21 mai 1981 et consacré le 2 octobre 1981, succédant ainsi à Monsiegneur Teissier, nommé à Alger.

  • Mohamed Bouchikhi

     
    « Rien que pour un homme comme Mohamed, un seul, ça vaut la peine de rester dans ce pays, même au risque de sa vie. » Pierre Claverie
    Mohamed est un jeune algérien de 21 ans originaire de Sidi-bel-Abbès. Proche, comme toute sa famille, de la communauté chrétienne, il rend volontiers service notamment auprès de René You, le curé de la paroisse de de Sidi-bel-Abbès . Sa rencontre avec Pierre Claverie se fait à l’occasion du départ en congé de Tayeb, le chauffeur de ce dernier.

    Mohamed a laissé un carnet intime ainsi que quelques lettres. Très marqué par la guerre civile algérienne, il fait preuve d’une vie intérieure très riche ainsi que d’une maturité qui l’aident à prendre conscience du danger, comme en témoigne cette prière dans les dernières pages de son carnet :

    « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Avant de lever mon stylo, je vous dis: La Paix soit avec vous. Je remercie celui qui va lire mon carnet de souvenirs, et je dis à chacun de ceux que j’ai connus dans ma vie que je les remercie. Je dis qu’ils seront récompensés par Dieu au dernier jour. Adieu à celui qui me pardonnera au jour du jugement; et celui à qui j’aurai fait du mal, qu’il me pardonne. Pardon à celui qui aurait entendu de ma bouche une parole méchante, et je demande à tous mes amis de me pardonner en raison de ma jeunesse. Mais, en ce jour où je vous écris, je me souviens de ce que j’ai fait de bien dans ma vie. Que Dieu, dans sa toute-puissance, fasse que je Lui sois soumis et qu’Il m’accorde sa tendresse… »